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English translation by Stefaan Decroos

Vétéran de la scène punk rock et expérimentale bostonienne issue des années 80, Thalia Zedek publie aujourd’hui son premier album en solo, après avoir joué durant plus de 20 ans au sein d’une poignée de formations qui ont compté dans l’histoire du rock indépendant américain. Originaire de Washington DC, elle arrive à Boston en 1979, une ville qu’elle ne quittera plus, hormis pour une brève période new-yorkaise en 1986 et de nombreux voyages de par le monde, l’une de ses sources d’influence essentielle. Après avoir fait partie de White Women, Dangerous Birds, Uzi, Live Skull et Come, elle a décidé d’enregistrer en solo, suite au quatrième album de Come. « Cela était tout nouveau pour moi de faire un disque en solo. J’avais néanmoins déjà joué toute seule sur scène. Un ami m’a appelé pour me dire qu’il avait assemblé un studio dans une ancienne église à Boston. Tout ce disque a été enregistré en direct dans cette église, avec de très hauts plafonds. Il y avait beaucoup d’espace et cela influe sur la musique d’une certaine manière. Je savais juste que je ne voulais pas que ce disque soit un album de rock à guitare même si j’en joue ici. On a joué très simplement, il n’y a pas d’effets de distorsions ou de feedback ». Cette simplicité, pour ne pas dire cette pureté d’instrumentation, met parfaitement en avant la voix de Thalia Zedek, sombre, envoûtante et intense. « Been Here And Gone » révèle une maturité impressionnante, un disque à la fois expressionniste et « profondément romantique » selon les mots de Thalia. « J’écoute beaucoup Chet Baker, Nina Simone, Leonard Cohen ou Alex Chilton. Un de mes amis de Boston joue de la batterie avec lui ». En effet, ce sont les ombres tutélaires qui planent sur ce disque, une sorte de « Third » de Big Star, enregistré par Leonard Cohen dans une cave gothique. Elle reprend d’ailleurs le poète canadien sur « Dance Me To The End Of Love », un morceau « enregistré pour l’anniversaire d’un ami de 60 ans ». Cette propension à faire admirablement sien le répertoire d’autrui se retrouve sur un disque de reprises en concert, « de Louis Armstrong à Burt Bacharach, en passant par les Ramones, le Velvet Underground, ou Bob Dylan », qui circule actuellement sous le manteau. « J’enregistre également des chansons avec une guitare et un petit magnétophone. Je joue de la guitare de manière assez simple. J’ai donné quelques concerts comme cela, accompagnée par un piano, c’est tout ». A la fois exégète brillant et songwriter talentueuse, Thalia Zedek se hisse aisément au niveau de ses contemporains les plus prestigieux, au rang desquels Catpower, DirtyThree et Will Oldham, qui « aime beaucoup ce disque ». Modeste quant à ce remarquable premier effort en solo, « je ne pense pas avoir une voix très belle mais j’aime beaucoup chanter », Thalia Zedek triomphe ici en solitaire. Cet album est assurément l’une des plus belles douches fraîches de l’été.

Florent Mazzoleni

As a veteran of the punk rock and Boston experimental scene of the ’80s, Thalia Zedek delivers today her first solo album, after playing for more than 20 years in a handful of formations that have marked independent American rock history. Born in Washington D.C., she arrived in Boston in 1979, a city she won’t quit, except for a short period in New York in 1986 and lots of traveling across the world, one of her biggest influences. After leaving White Women, Dangerous Birds, Uzi, Live Skull, and Come, she decided to make a solo record, following the fourth Come album.

“Recording a solo album was totally new for me. I did have some experience performing solo on stage. A friend called me telling me he had arranged a studio in an old church in Boston. The entire album was recorded live in that church, with high ceilings. There was plenty of room and that influenced the music in a certain way. I only knew I didn’t want to make a guitar-rock album. We played very simple, without any distortion or feedback effects.”

This simplicity, the instrumental purity puts Thalia’s dark, intense voice perfectly in front. “Been Here and Gone” reveals an impressive maturity, a record at once “expressionistic” and “truly romantic” according to Thalia.

“I listen a lot to Chet Baker, Nina Simone, Leonard Cohen, and Alex Chilton. One of my Boston friends plays drums with him.”

Indeed, these are the guardian shadows that float through this album, it feels like the “Third” of Big Star recorded by Leonard Cohen in a gothic basement. Moreover, she covers the Canadian poet in “Dance Me to the End of Love,” a song “recorded for the 60th birthday of a friend.” This tendency, to make another man’s repertoire respectfully hers, shows itself on a live cover album, “from Luis Armstrong to Burt Bacharach, to the Ramones, the Velvet Underground or Bob Dylan,” who circules on this disk. “I record songs also with a guitar and a little band recorder. I play the guitar in a very simple way. I’ve done some shows like that, accompanied by piano, and that’s it.”

Talented songwriter, Thalia Zedek puts herself easily on the same level as contemporary prestigious artists as Catpower, Dirty Three, and Will Oldham, who “loves this record very much.” Modest about her first solo effort, “I don’t think I have a very beautiful voice, but I love to sing,” Thalia Zedek triumphs here on her own. This album surely is one of the most beautiful fresh showers of the summer.

Florent Mazzoleni